Fiscalité•Chapitre 3•6 min de lecture•Updated September 20, 2026

Loi-cadre sur les impôts nationaux — Privilège des impôts nationaux et obligation fiscale subsidiaire

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OIYO ÉditorialContributeur
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Les articles sont cités dans la version en vigueur au 11 août 2026 (loi n° 21860), vérifiée le 20 septembre 2026.

Pourquoi et jusqu’où les impôts nationaux passent en premier

Le principe de l’article 35, alinéa 1, est simple : les impôts nationaux et les frais de recouvrement forcé sont perçus par priorité sur les autres charges publiques et créances. C’est un choix politique : sans impôt, l’État ne fonctionne pas, on le place donc avant les créances privées.

Le problème, ce sont les exceptions. Si la règle était illimitée, quiconque a prêté en se fiant au registre foncier pourrait être relégué à tout moment. L’article prévoit donc cinq exceptions.

Exceptions au privilège des impôts nationaux (réserve de l'article 35, alinéa 1)
PointCe qui passe avantJustification
1°Frais de poursuite et de recouvrement forcé des impôts locaux et charges publiquesLe coût de la procédure passe en premier
2°Frais d'exécution forcée, de vente aux enchères et de failliteMême raison
3°Créances garanties par un droit de jeonse, un gage ou une hypothèque constitués avant la date légale, un bail opposable avec date certaine ou une inscription provisoire à titre de garantieProtéger ceux qui se sont fiés à une sûreté publiée
4°Montants remboursés en tout premier rang au titre des baux d'habitation et commerciauxLe logement des petits locataires
5°Créances salariales (salaires, indemnités de départ, indemnités d'accident) qui priment les impôts nationauxLa subsistance

La date légale est la ligne de partage

Le point 3° est le cœur du chapitre. Si la sûreté a été constituée avant la date légale, elle l’emporte sur l’impôt. Dans le cas contraire, l’impôt l’emporte.

Déterminer le rang
Date de la suˆreteˊ<Date leˊgale⇒Suˆreteˊ prioritaireDate de la suˆreteˊ>Date leˊgale⇒Impoˆt prioritaire\begin{aligned}\text{Date de la sûreté} < \text{Date légale} &\Rightarrow \text{Sûreté prioritaire} \\ \text{Date de la sûreté} > \text{Date légale} &\Rightarrow \text{Impôt prioritaire}\end{aligned}
La date légale est définie à l'article 35, alinéa 2. Exemples typiques : la date de dépôt de la déclaration pour les impôts fixés par déclaration, la date d'envoi de l'avis de paiement pour les impôts établis ou rectifiés par l'administration.

La date légale n’est ni l’échéance de paiement ni la date du défaut. Elle se rapproche du jour où l’impôt est devenu visible. Les impôts n’apparaissent pas au registre foncier : la loi retient donc un moment que le preneur de sûreté peut vérifier.

Les réformes de 2022 et 2023 ont ajouté le point 3°-2. Lorsqu’un bien grevé d’un droit de jeonse ou assimilé est vendu après avoir été cédé, transmis par succession ou donné, les impôts dus par le précédent propriétaire priment encore dans une certaine limite. Les arriérés du propriétaire suivent le bien même s’il change de mains : à vérifier avant de signer un contrat de jeonse.

Obligation fiscale subsidiaire — une responsabilité supportée par d’autres que le contribuable

Lorsque l’impôt ne peut être entièrement recouvré sur les biens du contribuable, des personnes liées à lui répondent subsidiairement du montant manquant. Il existe quatre types.

Types d'obligation fiscale subsidiaire
ArticleQuiLimite
Article 38Liquidateurs et attributaires du boni de liquidationValeur des biens distribués ou reçus
Article 39Associés (associés indéfiniment responsables, actionnaires oligopolistiques)Pour ces actionnaires, le montant réparti selon leur participation. Sociétés cotées exclues
Article 40La sociétéLimité à trois cas, par exemple si les actions de l'associé ne trouvent pas preneur en vente publique
Article 41Cessionnaire du fondsValeur des biens acquis

Trois traits sont communs : la subsidiarité (les biens du contribuable sont insuffisants), une limite (pas de responsabilité illimitée) et une date de référence. L’article 39 vise les associés à la date de naissance de l’obligation fiscale ; l’article 41, les impôts fixés avant la date de cession.

Obligation réelle du titulaire d’une sûreté par transfert (article 42)

Si l’obligation subsidiaire pèse sur des personnes, celle-ci s’attache à des biens. Lorsqu’un contribuable en défaut détient des biens remis en sûreté par transfert, l’impôt ne peut être recouvré sur ces biens que si ses autres biens sont insuffisants.

La date légale réapparaît : les biens devenus objet d’une sûreté par transfert avant la date légale de l’impôt sont exclus. La protection de celui qui a pris sa sûreté en premier suit la même logique qu’à l’article 35.

Un cas pour tout relier

Supposons que la société A soit en défaut sur son impôt des sociétés.

  1. Les immeubles de A sont vendus publiquement. Si une hypothèque a été constituée avant la date légale, le créancier hypothécaire est payé en premier (article 35, alinéa 1, 3°).
  2. S’il reste un manque, l’obligation subsidiaire peut être imposée à l’actionnaire oligopolistique B à proportion de sa participation (article 39). Si A est cotée, cette voie est fermée.
  3. Si les biens de B ne suffisent pas non plus et que ses actions ne trouvent pas preneur en vente publique, la société A supporte l’obligation subsidiaire (article 40).
  4. Si A a cédé son fonds à C et que l’impôt a été fixé avant la cession, C répond dans la limite de la valeur des biens acquis (article 41).

L’enchaînement apparaît : contribuable d’origine → rang face aux créanciers garantis → responsabilité subsidiaire des personnes liées. À chaque étape, on ne passe à la suivante qu’en cas d’insuffisance.

Ce qui reste

  • Les types précis de date légale (article 35, alinéa 2) varient selon l’impôt et le mode de fixation : lisez le texte lui-même.
  • Le seuil de participation des actionnaires oligopolistiques et le périmètre des parties liées relèvent d’un décret présidentiel souvent modifié.
  • La méthode de calcul du point 3°-2 (biens cédés, transmis ou donnés) figure aussi dans le décret ; c’est une question fréquente en pratique pour les contrats de jeonse.

Le chapitre suivant traite des déclarations rectificatives, demandes de rectification et déclarations tardives, autrement dit des moyens de récupérer un impôt payé à tort.

Références

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