Macroéconomie — Résolution simultanée d'IS-LM et statique comparative
Macroéconomie — deux flèches ne remplacent pas une résolution simultanée
Les chapitres 4 et 7 déplaçaient des courbes pour en lire le signe et l’ampleur des effets. Ce chapitre résout le même modèle comme un système d’équations et écrit l’équilibre et les coefficients de statique comparative sous forme générale. Ces formules sont nécessaires pour répondre à la question « de combien » et savoir d’où viennent les chiffres des simulations de politique économique.
1. Écrire le système d’équations
On écrit IS et LM ainsi.
est la réaction de la dépense au taux d’intérêt (multiplicateur compris), le multiplicateur des dépenses publiques, la sensibilité de la demande de monnaie au revenu et sa sensibilité au taux. En regroupant à gauche les variables endogènes et , on obtient
La règle de Cramer donne
2. Vérification avec les chiffres précédents
L’économie du chapitre 4 a , , , , , et .
On retrouve la solution graphique du chapitre 4.
3. Les coefficients de statique comparative
En dérivant les formules d’équilibre par rapport aux variables exogènes, on obtient les effets des politiques.
| Coefficient | Formule générale | Valeur | Vérification avec le chapitre 4 |
|---|---|---|---|
| dY/dG | μγ/(μ+βλ) | 4 | G +10 → Y +40 |
| dr/dG | λγ/(μ+βλ) | 0,1 | G +10 → r +1 point |
| dY/d(M/P) | β/(μ+βλ) | 0,4 | M/P +20 → Y +8 |
| dr/d(M/P) | −1/(μ+βλ) | −0,04 | M/P +20 → r −0,8 point |
Le de la première ligne est identique au du chapitre 7. Le tableau des coefficients montre à quoi correspond chaque paramètre dans le raisonnement économique.
| Paramètre | Effet budgétaire | Effet monétaire | Raison |
|---|---|---|---|
| γ (multiplicateur) | Plus grand | — | Une même dépense crée plus de demande |
| β (sensibilité de la dépense au taux) | Plus petit | Plus grand | Les variations de taux modifient fortement la dépense (plus d'éviction, canal monétaire plus fort) |
| λ (sensibilité de la demande de monnaie au revenu) | Plus petit | Plus petit | Le taux monte davantage quand la production augmente |
| μ (sensibilité de la demande de monnaie au taux) | Plus grand | Plus petit | LM devient plus plate |
4. Le plancher des taux rompt la solution linéaire
Si l’on porte les encaisses réelles à 220, la solution linéaire donne et . Mais le taux nominal ne peut descendre nettement sous zéro. L’équilibre effectif est , fixé par IS à taux nul ; à taux nul et pour une production de 410, les encaisses réelles nécessaires valent , si bien que tout ce qui dépasse 205 ne fait pas bouger la production. Dès que le taux touche zéro, LM devient de fait horizontale et l’on entre dans la zone de trappe à liquidité du chapitre 7.
Le modèle linéaire prédit un taux de −0,6 % et une production de 416, mais en raison du plancher des taux, l'équilibre effectif reste à un taux nul et une production de 410.
Exercice
Si passe de 20 à 5 (LM plus pentue), que deviennent les multiplicateurs budgétaire et monétaire ? Le dénominateur vaut . et . L’effet budgétaire passe de 4 à 2,5 et l’effet monétaire de 0,4 à 1 : le même résultat que le tableau du chapitre 7.
Références
- John Hicks, “Mr. Keynes and the ‘Classics’,” Econometrica (1937)
- Alpha Chiang and Kevin Wainwright, Fundamental Methods of Mathematical Economics, ch. 5, 8
- N. Gregory Mankiw, Macroeconomics, ch. 12
Oiyo
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